Archive for the ‘Conversations 1 – les artistes’ Category

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//L’atelier selon Moussa

In Conversations 1 - les artistes on mai 15, 2011 par camillegrezillier Tagué: , , , ,

On est pas aux Beaux-Arts ici, aime-t-il répéter. Il donne des cours de peinture sous verre à des femmes d’une prison de DK et aux patients de l’hôpital principal. Il partage son atelier entre l’hôpital et le village des arts de la Patte d’oie. Un artiste au grand coeur et à la casquette bien serrée.

Stage de peinture sous verre à l'Institut français de DK--

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Des couleurs, des pinceaux, et hop le tour est joué

 
 
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Vues de l’Atelier-Galerie Alain Piroir

In Conversations 1 - les artistes on novembre 17, 2010 par camillegrezillier

Quartier du Mile End, Montréal. Je rencontre Agathe et Alain Piroir dans leur atelier-galerie de l’avenue Casgrain. Rencontre avec le père et la fille au dernier étage des grands immeubles bordant l’avenue. La place héberge des dizaines d’ateliers. Je souhaitais découvrir ce bel espace de travail et d’exposition dédié à la gravure dont m’avait si souvent parlé mon ami Adrien, dessinateur et graveur.

Il y a quelques années, cet atelier d’impression familial a fait le choix de l’édition. Cela permet a toute une profession de survivre, constate Alain. Les artistes viennent avec leurs idées et bien souvent nous devons aussi les démarcher.  Nous proposons aux écoles des démonstrations de notre travail et louons notre espace. C’est ici que nous exposons le travail d’artistes que nous éditons. En quelques années, l’atelier est devenu pluridisciplinaire.  

L’imprimeur d’origine française, a étudié aux Beaux Arts de Saint-Etienne. Il a été formé à l’ancienne dans les grands ateliers d’impression parisiens. A l’époque, il se rappelle avoir croisé Max Ernst, Francis Bacon.

Quand j’entre dans l’atelier, il me salue furtivement puis vaque à ses occupations comme si de rien n’était. Bibiche et Doudou, les deux chats, de l’atelier, lui ressemblent. Deux chats des ruelles montréalaises, discrets. Au fur et à mesure de mes échanges avec Agathe, Alain se joint à la conversation autour du métier qui lui est si cher. 

Les presses de l'atelier utilisées par l'imprimeur et les artistes édités

Alain est artisan. Agathe, autodidacte, est aussi artiste. Plus jeune, elle se destinait à la musique, au saxo-jazz; mais la scène était trop désagréable pour qu’elle choisisse d’en faire son métier. Dès l’âge de 19 ans, elle se forme dans des univers plutôt patriarcaux, des ateliers d’artistes, notamment newyorkais.

C’est bien plus tard qu’elle décide de travailler avec son père et de reprendre aujourd’hui la direction de l’atelier. Son credo : « le plus important n’est pas d’où tu viens, mais ce que tu fais, les expériences de vie. »

Du 16 novembre au 15 janvier 2011, l’artiste Pierre Durette  présentera Synchronicité, à l’atelier. Vernissage le jeudi 18 novembre à 17h30. Pour en savoir plus : http://www.piroir.com

Plus d’infos sur la technique de la gravure bientôt en ligne sur le site d’Adrien : http://adrienmaes.wordpress.com/

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Conversation avec John Zeppetelli

In Conversations 1 - les artistes on juillet 29, 2010 par camillegrezillier

 
Vieux Montréal, rue St Jean. Je rencontre John Zeppetelli, commissaire à la fondation DHC-ART, à l’initiative de l’exposition actuelle consacrée à Jenny Holzer.
Archives DHC

Les corps cotorsionnés de Marc Quinn

D’origine italienne, passionné par son métier, le Montréalais est réputé pour ses choix d’artistes de renommée internationale, encore jamais exposés à Montréal : l’anglais Marc Quinn, les canadiens Nancy Davenport, Stan Douglas, le tchèque Harun Farocki, la scandinave Ann Lislegaard, les américains Paul Pfeiffer et Christian Marclay, les français Sophie Calle et Michel Rosser, la finlandaire Eija Liisa Ahtila, David Altmedj, québécois travaillant à Londres et New York. La liste est longue pour la jeune fondation lancée en 2008 et dirigée par Phoebe Greenberg. L’établissement privé est à la fois hype et ouvert à tous; les expos sont gratuites.

Pourquoi choisir d’exposer Jenny Holzer aujourd’hui? Nous suivons depuis longtemps sa carrière, depuis ses plus anciennes projections à Times Square en réaction aux agressifs panneaux publicitaires ou dans le London Tube : elle n’a jamais cessé de nous étonner. 

Le vieux Montréal où se cotoient grattes-ciel, terrains vagues en reconstruction et vielles bâtisses

Un certain mystère plane autour de la vie privée de l’artiste américaine, première artiste femme à avoir remporté le lion d’or à Venise, pitie moderne, éveilleuse des consciences. Elle porte souvent un jean et un long tee-shirt. Poétesse de l’art visuel, longtemps new yorkaise, aujourd’hui installée dans l’Etat de New York , elle mène une vie ordinaire, dans la campagne d’Hoosick, s’occupe de ses chevaux.

Paysage urbain, à deux pas de DHC

L’un des mandat de la fondation est d’éduquer. Comment le travail de l’artiste remplit-il cette fonction ? Les textes de Jenny sont éphémères, elle amène le public à lire différement. Exposer des documents militaires déclassifiés sur le conflit en Irak et en Bosnie après un long travail de recherche documentaire, ce n’est pas seulement un choix artistique, c’est aussi politique.

Ce n’est pas habituel de voir cette artiste aux murs d’un musée. L’intérieur ne réduit-il pas son impact, notamment sa portée visuelle? Je ne suis pas d’accord, le musée est un lieu d’être, chacun vit sa propre expérience, le spectateur n’est pas plus immobile que quand l’expo est dans la rue, la perception change, c’est tout. Son travail écrit s’insère très bien dans la magnifique architecture de la fondation : urgence politique et beauté formelle cohabitent. Il y a aussi tout un jeu de lumière et de reflets pensé par l’artiste quand les lettres projetées rencontrent le mur blanc.

J’ai senti l’installation dans tout mon corps. Je suis restée de longues minutes à regarder circuler ses mots, à lire ses poèmes lumineux, hypnotisée par leur défilement infini. Les mots étaient justement accordés entre eux. Surprise de découvrir dans un espace aussi cosy, vieil immeuble reblanchi du vieux Montral, aux moulures anciennes, une critique poétique de notre société, acerbe, violente et provocatrice, étonnament moderne.

L’expo est provocatrice, épurée et glaciale. La DHC montre encore sa capacité à déboussoler l’amateur d’art.  L’expo inaugurale de Marc Quinn en 2008, avait été un coup de poing sur la scène artistique québécoise : un autoportrait moulé de l’artiste rempli de son sang. Choc artistique!

Je pars quelques jours dans l’état de New York, sur les traces de l’artiste. Je reviendrai avec des photos et un article. à suivre…

Exposition à visiter jusqu’au 14 novembre 2010 à la DHC-ART, 451, rue St-Jean, à Montréal.

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Conversation avec Kay Vinson

In Conversations 1 - les artistes on juillet 4, 2010 par camillegrezillier

Juillet 2010, Montréal.

Je rencontre Kay Vinson, artiste américaine, exposée jusqu’au 22 août au centre ville de Montréal. Galerie La Récréation, la veille du vernissage de « Chaos et Clarté », son dernier projet.

Qu’est-ce que l’art pour toi? J’ai toujours dessiné. Ma mère me répétait que le destin des artistes était de mourir pauvre.

Kay grandit en Alabama, un État alors très conservateur. En 1969, elle décide de faire ses valises. Elle a 21 ans quand elle débarque en Californie. Ce premier départ a été décisif. Elle n’a plus cessé de voyager, est devenue hôtesse de l’air et a épousé un pilote.

Tu vis de nouveau en Alabama. Pourquoi as-tu décidé d’y retourner? J’ai beaucoup voyagé, j’ai vécu quelques années à Memphis. J’ai détesté vivre là-bas. A cette époque, j’ai eu un grave cancer, j’ai décidé de rentrer.

L’Alabama a changé, c’est un État moins conservateur qu’avant. Quand j’ai quitté Birmingham, j’étais dans une période de rébellion, j’allais toujours à l’encontre des souhaits de ma mère. Et puis, c’était les années 68, les années de désir de grande liberté; sans doute est-ce, des années plus tard, une sorte de retour aux origines.

Ta vie, tes voyages, tes sentiments sont la source de ton inspiration. Peindre, est-ce un acte personnel? Certainement, je peins pour moi; c’est avant tout un moyen d’expression, de rébellion. Parfois je peins des choses très violentes, j’expurge des sentiments, les agressions de la société, des peurs inexprimables en-dehors de la toile. La seule personne à avoir vu ses toiles immontrables est mon conjoint. Je les détruirai sûrement un jour; elles sont beaucoup trop violentes et personnelles. Je ne cherche pas à choquer les gens, je préfère les émouvoir. Je veux aussi que mes toiles aient une seconde vie ailleurs que dans mon atelier, hors de la galerie, qu’elles aient une place dans les maisons.

Kay est autodidacte. En Californie, elle peint trois ans avec Michèle Cassou. Une rencontre incroyable qui changea sa vie, dit-elle.

Michèle ne m’a pas enseigné beaucoup de techniques, le plus important était qu’elle me pousse dans mes retranchements; pour moi, c’était une véritable expérience de vie, une réflexion sur moi-même; vraiment plus qu’un apprentissage : une quête de soi avec la question centrale : What more can happen more strongly, emotional? [art therapy]

Le travail de Kay m’a profondément intéressée par sa modernité et par les questions très contemporaines posées sur la toile. Elle mêle différents médias par l’intermédiaire de collages : des photos d’objets prises à la dérobée dans la rue (tags américains, mannequins de vitrines, « strong design elements »). Ces signes de notre société urbaine côtoient des symboles plus anciens proches de la philosophie bouddhiste comme le cercle et le carré. L’intérieur est aussi important que l’extérieur des formes. Elle a été profondément marqué par ses voyages en Asie, à Hong-Kong, au Japon.

I remember the day when I took this picture…

J'ai pris cette photo aux Etats-Unis, j'aime photographié les tags, ils sont magnifiques, parfois tellement décriés

La photo me permet d’être très spontanée et de jouer avec la composition du tableau. J’aime projeter sur la toile ces images de la réalité, à la manière d’un carnet de voyage.

Am I Blue. Ce titre me rappelle la magnifique interprétation de la grande Ella. \ »Am I Blue\ » interpreted by Ella Fitzgerald

Ce mannequin revient dans plusieurs toiles. Peux-tu nous en parler un peu plus? J’ai pris ce mannequin de droite, de gauche, de face. Son visage était intéressant, encore plus l’utilisation que je pouvais en faire. C’est un peu la vie de l’image au  fil des toiles.

Quand elle passe à Montréal, Kay aime descendre au Relais lyonnais, sur St Catherine à l’étage de la délicieuse Brioche lyonnaise. Le gérant Albert Cohen est sympathique, sa place conviviale.

L’univers très personnel d »une femme artiste avec qui j’ai passé du temps, discuté en anglais dans la galerie en plein changement d’expo, nous raconter nos choix de vie de femmes.

Kay Vinson fait suite à Milena Doncheva, cette programmation confirme les bons choix de la galeriste. Encore de bonnes surprises cet été…[à suivre]

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STREET and TV

In Conversations 1 - les artistes on juillet 2, 2010 par camillegrezillier

[Frontenac : séquence 3]

Interview de Julie Faubert, à droite, TV Frontenac

Je suis Julie Faubert sur les trottoirs de la rue Ontario est et lors d’une interview à la TV Frontenac, à deux pas de la délicieuse boulangerie polonaise, de la station de métro et de la roulotte Dare-Dare. Live d’une performance urbaine et itinérante (en photos)!

Avec l'équipe des jeunes bénévoles de la TV Frontenac, déco kitsch, ambiance friendly, à l'étage d'une des longues tours du quartier populaire

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Frontenac / culture engagée

In Conversations 1 - les artistes on juin 24, 2010 par camillegrezillier

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Séquence 2 : les artistes

Martin, Katja, Julie : 1,2, 3 perturbateurs !

Martin Dufrasne est coordonnateur de la programmation culturelle du centre Dare-Dare, centre de diffusion d’art multidisciplinaire de Montréal. Katja Montaignac est danseuse, chorégraphe, doctorante. Julie Faubert peint des mots sur les trottoirs du quartier.  Leurs points communs : l’intervention urbaine & nomade.

J’avais entendu dire qu’il y avait un colloque sur la danse engagée, dans une roulotte à Frontenac, à l’extrémité d’Ontario Est, la roulotte violette de Dare-Dare.

Première rencontre à Dare-Dare en présence de Katja Montaignac.

Katja et son sac à dos jaune

Dans la rue. Ils marchent, s’arrêtent, se retournent, circulent, s’assoient, repartent, se recroquevillent les uns contre les autres, s’éloignent, se regardent, répondent quand on s’adresse à eux. Ce sont des danseurs : elles, eux, chacun a son MP3 branché. Leurs pas, leurs gestes sont rythmés, ressemblent à nos mouvements quotidiens, parfois à ceux des itinérants, si jeunes et trop nombreux à Montréal. L’été, leur nombre augmente, en particulier avec l’arrivée massive des itinérants de l’ouest du pays, des américains et du trip estival des plus jeunes d’entre eux qui quittent leur famille et  vivent dans la rue, parfois juste un été. On passe à côté d’eux sans les voir, fondus dans le paysage urbain de nos vies ordinaires.

Comment réagit le corps placé dans une situation de contraintes ?

Projet chorégraphique de Katja. Le corps des danseurs du projet est contraint : plus d’espace scénique bien défini. Leur corps est gêné : les passants ordinaires circulent dans l’espace chorégraphique improvisé, leurs gestes, leurs réactions sont inattendus. L’espace public est devenu hybride : chorégraphique et ordinaire.

Plus tard, j’assiste à la performance urbaine de Katja, Corps anonymes, en sortant du métro Mont Royal. Sans prévenir, une trentaine de danseurs habillés comme quidam « danse » au milieu des passants qui d’abord ne les remarquent pas, puis s’interrogent : sont-ils en train de danser?

Comme si de rien n'était...

Le danseur s’approprie l’espace urbain de nos vies ordinaires, délocalise son espace de travail pour mieux nous questionner. Certains passants prendront spontanément part à la mise en scène, comme ce jeune homme au béret.

Plus de vidéos des chorégraphies de Katja sur Kitdancing’s channel : http://www.youtube.com/user/kytdancing

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Les croquis d’Anett

In Conversations 1 - les artistes on juin 17, 2010 par camillegrezillier

La marionnette



Anett Breite

  • Graphiste allemande, née à Leipzig. Àge : moins de 30 ans. Rencontre à Montréal, juin 2010.

Anett peint rue de l’hôtel de ville à Montréal pendant trois semaines : elle travaille quelques jours dans un fast food miteux à downtown, elle fait la plonge pour 7 dollars de l’heure. Peu importe! Elle est partie sur les routes canadiennes, entre Toronto et Vancouver.

Anett

Anett est une fille très grande, avec un large sourire. Elle s’habille souvent en noir ou en vieux jean. Au fil des jours, le trou de son jean s’est creusé.

Un jour où nous regagnons l’appartement, Anett m’a dit : pourquoi ne dessinerais-je pas par-dessus tes poèmes ? Elle terminait sa première peinture à Montréal (La marionnette). Cette soirée-là, nous étions allongés, Jon, Anett et moi, sur la pelouse du parc, au flanc de la colline, distinguant à peine les joueurs de foot s’élançant sur le terrain poussiéreux et ce garçon solitaire rêvassant adossé contre un tronc d’arbre ; au loin, les balançoires crissaient.

/Racler, Racler, Racler

Brosser ce mouvement infini

Mon œil vif, strident dans le va-et-vient

incessant de cet enfer urbain

Etendue dans l’herbe fraîche

du jour qui s’éteint

Adossé un instant à ce vieil arbre

Posé-là à jamais

Je m’éteins, me consume peu à peu

A la lueur des spots éblouissants

Les regarde s’agiter tous,

Exceptée cette fille qui rit, endormie comme moi/

Oeuvre partagée : poème de Camille, dessin d'Anett

J’ai l’habitude de poser dans des centres communautaires à Montréal, à Côte des Neiges, à Atwater, à l’UQAM aussi. La dernière fois, Anett m’a dessinée.

Croquis 1

croquis 2

croquis 3