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Conversation avec Kay Vinson

In Conversations 1 - les artistes on juillet 4, 2010 by camillegrezillier

Juillet 2010, Montréal.

Je rencontre Kay Vinson, artiste américaine, exposée jusqu’au 22 août au centre ville de Montréal. Galerie La Récréation, la veille du vernissage de « Chaos et Clarté », son dernier projet.

Qu’est-ce que l’art pour toi? J’ai toujours dessiné. Ma mère me répétait que le destin des artistes était de mourir pauvre.

Kay grandit en Alabama, un État alors très conservateur. En 1969, elle décide de faire ses valises. Elle a 21 ans quand elle débarque en Californie. Ce premier départ a été décisif. Elle n’a plus cessé de voyager, est devenue hôtesse de l’air et a épousé un pilote.

Tu vis de nouveau en Alabama. Pourquoi as-tu décidé d’y retourner? J’ai beaucoup voyagé, j’ai vécu quelques années à Memphis. J’ai détesté vivre là-bas. A cette époque, j’ai eu un grave cancer, j’ai décidé de rentrer.

L’Alabama a changé, c’est un État moins conservateur qu’avant. Quand j’ai quitté Birmingham, j’étais dans une période de rébellion, j’allais toujours à l’encontre des souhaits de ma mère. Et puis, c’était les années 68, les années de désir de grande liberté; sans doute est-ce, des années plus tard, une sorte de retour aux origines.

Ta vie, tes voyages, tes sentiments sont la source de ton inspiration. Peindre, est-ce un acte personnel? Certainement, je peins pour moi; c’est avant tout un moyen d’expression, de rébellion. Parfois je peins des choses très violentes, j’expurge des sentiments, les agressions de la société, des peurs inexprimables en-dehors de la toile. La seule personne à avoir vu ses toiles immontrables est mon conjoint. Je les détruirai sûrement un jour; elles sont beaucoup trop violentes et personnelles. Je ne cherche pas à choquer les gens, je préfère les émouvoir. Je veux aussi que mes toiles aient une seconde vie ailleurs que dans mon atelier, hors de la galerie, qu’elles aient une place dans les maisons.

Kay est autodidacte. En Californie, elle peint trois ans avec Michèle Cassou. Une rencontre incroyable qui changea sa vie, dit-elle.

Michèle ne m’a pas enseigné beaucoup de techniques, le plus important était qu’elle me pousse dans mes retranchements; pour moi, c’était une véritable expérience de vie, une réflexion sur moi-même; vraiment plus qu’un apprentissage : une quête de soi avec la question centrale : What more can happen more strongly, emotional? [art therapy]

Le travail de Kay m’a profondément intéressée par sa modernité et par les questions très contemporaines posées sur la toile. Elle mêle différents médias par l’intermédiaire de collages : des photos d’objets prises à la dérobée dans la rue (tags américains, mannequins de vitrines, « strong design elements »). Ces signes de notre société urbaine côtoient des symboles plus anciens proches de la philosophie bouddhiste comme le cercle et le carré. L’intérieur est aussi important que l’extérieur des formes. Elle a été profondément marqué par ses voyages en Asie, à Hong-Kong, au Japon.

I remember the day when I took this picture…

J'ai pris cette photo aux Etats-Unis, j'aime photographié les tags, ils sont magnifiques, parfois tellement décriés

La photo me permet d’être très spontanée et de jouer avec la composition du tableau. J’aime projeter sur la toile ces images de la réalité, à la manière d’un carnet de voyage.

Am I Blue. Ce titre me rappelle la magnifique interprétation de la grande Ella. \ »Am I Blue\ » interpreted by Ella Fitzgerald

Ce mannequin revient dans plusieurs toiles. Peux-tu nous en parler un peu plus? J’ai pris ce mannequin de droite, de gauche, de face. Son visage était intéressant, encore plus l’utilisation que je pouvais en faire. C’est un peu la vie de l’image au  fil des toiles.

Quand elle passe à Montréal, Kay aime descendre au Relais lyonnais, sur St Catherine à l’étage de la délicieuse Brioche lyonnaise. Le gérant Albert Cohen est sympathique, sa place conviviale.

L’univers très personnel d »une femme artiste avec qui j’ai passé du temps, discuté en anglais dans la galerie en plein changement d’expo, nous raconter nos choix de vie de femmes.

Kay Vinson fait suite à Milena Doncheva, cette programmation confirme les bons choix de la galeriste. Encore de bonnes surprises cet été…[à suivre]

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Une Réponse to “Conversation avec Kay Vinson”

  1. « j’aime photographié les tags, »
    PHOTOGRAPHIER

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