
Des airs d’Asie, les femmes travaillent dans les rizières jaunies, quelques épouvantailles épars dans les champs de riz
les piroguiers, nombreux à pagayer sur le fleuve Casamance au large bras ouvert
Oasis de rêves dans les marais réfléchissant, toujours les paysages magiques et apaisants éblouissent la route de Ziguinchor au delta de l’Océan

Au bord de l’Océan
Plus loin, les tours de la mosquée surplombent la longue corniche s’enfilant dans les terres
Là-bas, les mamelles s’affichent et se dispersent
A contre-jour, leurs corps se mêlent, s’assemblent dans les lignes de l’horizon

On a flâné, traversé les allées des marchands ambulants; au fond des boutiques, les Chinois veillaient.
Il y avait la grande place où jouaient les footballers imperturbables;
et nous continuions toujours notre route, nonchalants.
Les enfants posaient, riant, enchantés d’être quelques secondes l’attraction de la rue passante.

La halte aux Délices s’imposait, nous étions partis tôt de Dakar. S. nous avait parlé d’un petit salon de thé cosi où nous pourrions prendre un café&croissant.
Nous étions étonnés de voir à quel point la ville était ombragée et la chaleur que nous redoutions devenait supportable à la vue des grands arbres qui s’enchaînaient sur notre passage. Le chauffeur roulait maintenant sur la piste de l’ancien quartier colonial de la gare.
Les belles maisons calfeutrées par les herbes hautes, non entretenues. La nature enjolivait le cadre du passé laissé à l’abandon.
Au détour de l’allée, les enfants quémandaient quelques pièces, sourires échangés, avant de rejoindre leur maison. On entendait au loin les femmes s’affairer.
Les murs étaient peints des illustres prophètes vénérés.

Des jambes fines, des drapés délicats, de fins tissages entrelacés, des couleurs parfumées sur la peau noire et lisse des mannequins réhaussés. Le Sokhamon, magnifique lieu bordant l’Océan parfois déchaîné, à la limite de la cité. Le cadre est féérique, l’intérieur de l’hôtel aux recoins fabuleux.
*Vêtements de la styliste libanaise Rama

Des bouquets de pâquerettes, des champs de lavande parfumée…
Les roses tremières serpentent sur les murs du jardin garni, je m’asseois sur le fauteuil blanc, à l’ombre du laurier rose en fleurs et lis.

Je redécouvre les intérieurs de mon enfance, les saveurs de l’insouciance. Des merveilles bien connues dans le cocon des grandes vacances.
Les bérets de mon grand-père, les pots de confitures de ma grand-mère tout en haut des placards en bois de la cuisine. Les marmites en cuivre de la cuisine chauffent encore quand les fruits sont mûrs.